Cérémonies en mémoire de Noémi-Rouhama Ott,
les 29 mars, 5 et 7 avril 2015
Bonjour et bienvenue à vous toutes et tous, sœurs et frères, nièces et neveux, cousin/ne-s, ami/e-s de notre famille, ami/e-s de Noémi, habitant/e-s du plateau et d'ailleurs, vous qui avez fait bien des kilomètres pour être avec nous aujourd'hui. Encore d'autres personnes, qui ne pouvaient se déplacer ont demandé l'envoi de quelques textes pour être communion avec nous ce matin. Sans compter la très grande quantité de messages d'affection et de soutien reçus.
Nous allons partager ce temps commun en 3 étapes : la 1° faite de témoignages que vous pourrez faire, la 2° pour un temps de consolation et d'espérance, la 3° avec toutes celles et ceux qui pourront rester, pour un temps de repas fraternel. Si vous voulez écrire quelques mots, nous avons prévus un livre d'or. Si vous voulez nous embrasser, allez-y !
Dimanche prochain, nous aurons un autre temps à St-Martin-du-Larzac pour enterrer les cendres en présence de Benaja, son compagnon, de sa famille et, selon son souhait, des ami/e-s de Noémi pour un temps de partages, d'inspiration et d'expressions informelles.
Noémi et son compagnon Benaja nous avaient rendu visite le 7 mars. Le 8 nous les avions accompagnés près de Narbonne pour revoir le lieu de leur future installation : ils avaient donné le préavis pour leur logement de Vienne fin avril, réservé une entreprise de déménagement pour début mai. Ni son compagnon, ni nous-mêmes, ni des parents, ni des amis à qui ils ont rendu visite sur le chemin de leur retour, n'avions rien perçu qui puisse nous alerter.
Noémi avait quitté l'atelier de lutherie où elle travail depuis 3 ans, à Pâques l'an dernier, assez démotivée. Puis, en août et septembre, ils ont fait tous les deux près de 3000 km à vélo pour aller jusqu'à Istanbul. Ce qui leur a permis de refaire le plein de soleil et de bon air. Avant de quitter Vienne fin avril, elle voulait avoir terminé de construire un nouveau violon pour une amie. Et puis le 20 mars, jour de son 29° printemps, dans l'après-midi, elle a mis fin à ses jours. Sans explication, sans message, sans signe avant-coureur ! Vous imaginez le désarroi de son compagnon et le nôtre lorsque nous l'avons appris le lendemain samedi matin. Nous sommes immédiatement partis pour Vienne... Nous n'avons pu revoir le corps que mercredi midi juste avant la crémation. Un temps de recueillement, de musique et de lectures bibliques nous a permis de trouver enfin un peu d'apaisement et d'apprivoisement avec cette nouvelle réalité !
Nous ne sommes ni les premiers, ni hélas très probablement les derniers, à vivre ce genre d'épreuve. Nous pouvons maintenant mieux percevoir la douleur vécues dans nos familles respectives, nos voisins et amis qui été confrontés à la même douleur, la même incompréhension, la même impuissance. C'est vrai que la perte d'un enfant est « contre nature ». Et si l'on pense à toutes les situations de guerre, d'accidents de la route et autres maladies, qui ont privés tant de parents d'un ou plusieurs enfants, alors… non, non, ça ne peut relativiser la douleur de chacun/e ! Ça peut par contre nous aider à construire une plus grande fraternité.
Nous avons reçu une très grande quantité de messages dans lesquels il est question des mots qui manquent par delà un grand désir de communion. Lytta Basset écrit ceci dans un livre qui raconte la même histoire ou presque, la sienne, lors de la mort de son fils : « Les autres... Leur humanité, la densité de leur présence, la communauté de destin avec eux : en un éclair ils se voyaient potentiellement frappés de la même manière. Ils se retrouvaient, par l'affection, immédiatement propulsés à cette place-là. Je ne me souvenais pas avoir été, de ma vie entière, l'objet d'une telle compassion. Avec le recul, j'entrevois de mieux en mieux les trésors inépuisables du cœur humain quand l’extrême douleur abat toutes les barrières. Je les ai tous vus com-patir, souffrir avec moi et mes plus proches, avec l'être blessé qu'ils portaient en eux-mêmes depuis longtemps. Sur le moment j'étais trop anéantie pour engranger consciemment une telle richesse. Par la suite j'ai appris à m'étonner : je ne me savais pas autant aimée. » (Ce lien qui ne meurt jamais, Albin Michel, 2004).
Une amie, parmi tant d'autres témoignages affectueux, nous a écrit « Ce n'est pas de la souffrance de son geste - qui nous rappelle humblement notre impuissance à décider pour nos enfants – mais de la beauté intérieure de son être dont nous devons continuer de nous nourrir. »
C'est avec ces deux dimensions, votre compassion et la beauté intérieure de Noémi que nous voulons continuer à apprécier la vie et toutes les belles relations qu'elle procure.
Hervé, Laurence, Nadège, François et Benaya
PS. Le 5 avril, après un long moment de partages et de musique dans l'église de St-Martin-du-Larzac, nous nous sommes recueillis un moment dans le cimetière autour de l'urne, puis avons planté un arbre à proximité. Et nous nous sommes retrouvés pour un repas partagé dans la bergerie voisine des Beaumes, le soleil, malgré le vent froid, nous réchauffant.
Le 7 avril, nous avons pu enfin enterrer l'urne dans le petit cimetière de St-Martin-du-Larzac, juste à côté de l'ancien presbytère dans lequel Noémi est née le 5 février 1987.
Gedenkfeiern für Noémi-Rouhama Ott
29. März, 5. und 7. April 2015
Guten Tag, und herzlich willkommen, Schwestern und Brüder, Nichten und Neffen, Kusinen und Vettern, Freundinnen und Freunde der Familie, Freundinnen und Freunde von Noémi, Bewohnerinnen und Bewohner vom Larzac-Plateau und von anderswo, Ihr, die etliche Kilometer gefahren seid, um heute mit uns zusammen zu sein. Weitere Personen, die nicht kommen konnten, haben darum gebeten, einige Texte zu bekommen, um so heute morgen auch mit uns vereint zu sein.
Ohne an die große Menge von Beileids- und Beistandsbekundungen zu denken, die wir bekommen haben...
Wir werden die gemeinsame Zeit heute morgen in 3 Etappen teilen, der erste Teil wird aus den von euch gehaltenen Nachrufen bestehen, der zweite wird eine Zeit für Trost und Hoffnung sein, der dritte, mit allen die Zeit haben zu bleiben, eine Zeit des brüderlich geteilten Mahles. Wenn Ihr ein paar Worte schreiben wollt, es gibt ein Goldenes Buch dafür. Und wenn Ihr uns umarmen wollt, dann tut das doch!
Nächsten Sonntag wird es in St. Martin du Larzac noch eine Feier geben, um Noémis Asche
beizusetzen, in Gegenwart ihres Lebensgefährten Benaja und seiner Familie, auf dessen Wunsch eine Zeit informeller Inspiration und Ausdruckweise.
Noémi und ihr Lebensgefährte Benaja haben uns am 7. März besucht. Am 8. sind wir mit ihnen in die Nähe von Narbonne gefahren, um den Ort ihrer zukünftigen Bleibe noch einmal anzusehen. Sie hatten ihre Wohnung in Wien für Ende April gekündigt und für Anfang Mai ein Unternehmen für den Umzug reserviert. Weder wir selbst, noch Verwandte oder Freunde, die sie auf ihrem Rückweg besucht hatten, haben irgend etwas bemerkt, dass uns warnen konnte.
Noémi hatte die Geigenbauer-Werkstatt, in der sie drei Jahre gearbeitet hatte, Ostern letzten Jahres ziemlich entmutigt verlassen. Dann, im August und September, haben sie eine Radtour von 3000 km bis nach Istanbul gemacht. Das erlaubte ihnen, Sonne und frische Luft zu tanken. Vor dem Verlassen Wiens Ende April wollte sie noch mit dem Bau einer neuen Geige für eine Freundin fertig werden.
Und dann, am 20. März, Tag ihres 29. Frühlingsbeginnes, nachmittags, hat sie ihrem Leben ein Ende gesetzt. Ohne Erklärung, ohne Nachricht, ohne jegliche Vorzeichen! Ihr könnt euch die Bestürzung ihres Freundes vorstellen, und auch unsere, als wir es am nächsten, dem Samstag morgen, erfahren haben. Wir sind sofort nach Wien gefahren... Wir haben den Leichnam erst am Mittwoch morgen, kurz vor der Einäscherung sehen können. Eine Andacht mit Musik und Bibellesungen erlaubte uns, endlich ein wenig innere Ruhe zu finden und mit dieser neuen Realität zu leben!
Wir sind nicht die Ersten, und - leider - höchstwahrscheinlich auch nicht die Letzten, die dies durchmachen müssen. Wir können jetzt diese schmerzliche Erfahrung besser nachfühlen, die unsere Familien, Nachbarn und Freunde durchlebt haben, die mit dem selben Schmerz, der selben Fassungs-losigkeit, der selben Hilflosigkeit konfrontiert waren. Ein Kind zu verlieren ist wirklich „gegen die Natur“. Und wenn man an all die Situationen denkt, in denen Eltern – sei es durch Krieg, Verkehrs-unfälle oder durch Krankheiten – ein oder mehrere Kinder verlieren, dann... nein, nein, das kann den Schmerz der Einzelnen nicht lindern! Doch es kann uns dabei helfen, mehr brüderliches Füreinander aufzubauen.
Wir haben eine große Anzahl von Nachrichten bekommen, in denen es darum geht, dass - über den großen Wunsch hinaus sich-eins-zu-fühlen - einfach die Worte fehlen. Lytta Basset schreibt in einem Buch, das – fast – die selbe Geschichte erzählt, die ihre, beim Tod ihres Sohnes: „Die Anderen... ihre menschliche und intensive Anwesenheit, die Schicksalsgemeinschaft mit ihnen, blitzartig sahen sie sich vom selben Schicksal geschlagen. Sie fanden sich plötzlich, aus Zuneigung, an den selben Platz katapultiert. Ich kann mich nicht erinnern, in meinem ganzen Leben einmal im Mittelpunkt eines solchen Mitgefühls gestanden zu haben. Rückblickend erkenne ich immer besser die unausschöpflichen Schätze des menschlichen Herzens, dann wenn sehr großer Schmerz alle Schranken einreißt. Ich sah sie alle mit-fühlen, mit mir und meinen Angehörigen leiden, und mit dem verwundeten Menschen, den sie seit langem in sich trugen. Ich war zu jenem Zeitpunkt zu sehr wie vor den Kopf geschlagen, um bewusst einen solchen Reichtum in mich aufnehmen zu können. Später habe ich gelernt, darüber zu staunen: ich wusste nicht, dass ich so sehr geliebt wurde.“ (Ce lien qui ne meurt jamais, Albin Michel, 2004 ; deutsch : Euer Herz sei ohne Angst, Integral, 2008).
Unter sehr vielen lieben Beileidsbekundungen fanden wir, von einer Freundin geschrieben: „Nicht vom Leiden, das zu ihrer Tat führte – in Bescheidenheit werden wir wieder einmal an die Unmöglichkeit erinnert für unsere Kinder zu entscheiden - , sondern von der inneren Schönheit ihres Wesens sollen wir weiterhin zehren.“
Mit diesen zwei Dimensionen, eurem Mitgefühl und der inneren Schönheit Noémis wollen wir weiterhin das Leben und alle schönen Beziehungen, die es bietet, genießen.
Hervé, Laurence, Nadège, François und Benaya
PS : Am 5. April, nach einer langen Zeit in der Kirche von St-Martin-du-Larzac mit Nachrufen, Texten, und Musik, haben wir einen Moment lang in Stille vor der Urne auf dem Friedhof verweilt, dann haben wir in der Nähe einen Baum gepflanzt. Und uns zum gemeinsamen Essen im und am benachbarten Schafstall von Les Beaumes getroffen, wo uns die Sonne trotz kaltem Wind wärmte.
Am 7. April haben wir schließlich die Urne auf dem kleinen Friedhof von St-Martin-du-Larzac beisetzen können, direkt neben dem ehemaligen Pfarrhaus, in dem Noémi am 5. Februar 1987 geboren wurde.