Noémi-Rouhama *

Témoignage d'Anne


Depuis une semaine et l'annonce de la nouvelle, je farfouille dans mes affaires à la recherche de nos souvenirs…

J'y ai trouvé un « livre d'or » de mon anniversaire, mes 18 ans, et dans lequel on avait tous laissé un petit mot.

Je voudrais donc commencer par un extrait de ce que j'y avais écrit à 6 h du matin, une fois que tout le monde se soit couché.

« La soirée est terminée, mais en réalité, elle ne finira jamais. Maintenant, tout le monde est couché et je peux savourer ce moment, celui d'avoir passé un anniversaire inoubliable avec les gens qu'on aime ; une belle soirée d'amitié. […] Comment se dire que ce moment était le dernier ? Il ne le sera pas, car on se reverra et même si nos chemins s'éloignent, ils finiront par se recroiser, ça peut être dans 2 jours, une semaine, un mois un an, dix ans, mais c'est inévitable ».

Avec Noémi, depuis quelques mois (presque quelques années), nos chemins s'étaient en effet éloignés, mais c'était une évidence pour moi qu'un jour ils se recroiseraient, et qu'après avoir partagé nos rêves d'adolescentes, on partagerait nos rêves d'adultes.

Quels souvenirs ?
Le premier, c'est les looongues discussions, interminables. Sur le chemin entre le lycée et l'école de musique, dans le bus, par téléphone (nous avons vécu la révolution de l'illimité en Europe, avec la conversation qui se coupe au bout de 2h50 ; parfois, on vivait 3 coupures lors d'un coup de fil !).
Des mercredis après-midi à bricoler dans l'appartement de Millau avant d'aller au solfège ; bricoler des petits cadeaux pour les uns, les autres.
La passion pour la musique, le chant avec notre prof de solfège, Florence. Notre piano-violon sur un air de Schubert.
Les « soirées lycée », les anniversaires, le carnaval de Millau tous déguisés en schtroumph, costumes confectionnés par vous devinez qui.
Et puis les voyages…

Que retient-on ?
Tout.. Je n'ai pas perdu une miette de tous ces moments.
Je garde en moi son sourire, son rire, sa grande tignasse blonde, ses yeux bleus avec son regard malicieux qui pétillait.
Sa personnalité. Elle rayonnait.
En parcourant nos photos, c'est ce qui saute aux yeux ; le regard et le rayonnement.
Son perfectionnisme ; jouer du violon parfaitement, bricoler parfaitement, et enrichir chaque jour son savoir-faire de nouvelles compétences (les violons, les livres, la couture, le tricot, la pâtisserie, le chocolat etc.). Elle pouvait tout faire avec ses main, et apprenait sans cesse.
Les délires ensemble ; on a beaucoup rigolé, et je peux me vanter du string en laine qu'elle m'a tricoté (et que j'ai toujours…).

Ces lettres échangées ; de grandes lettre, des créations qu'on s'envoyait, des surprises, du chocolat au piment.
Ces écrits… je me souviens de Noémi qui écrit dans ses cahiers… elle écrivait, écrivait, écrivait… elle écrivait probablement ce qu'elle ressentait de plus profond et de plus complexe qu'il y avait en elle. Je la revois perplexe, dans ses pensées, dans ses cahiers…

Noémi, c'est une amitié de nos jeunes années lycée. Un lien indescriptible, celui d'âmes qui se parlent, se ressemblent et se comprennent. Celui de 2 jeunes ados idéalistes et sensibles, qui affrontent le monde, et qui rêvent.

Ce lien ne mourra jamais, de même que ces rêves et idéaux. Et ce que je garde d'elle en moi, c'est ça.

On peut rêver sa vie, ou vivre ses rêves… Noémi a toujours voulu vivre ses rêves.

Ce lien, je voulais qu'il se transmette, et qu'elle devienne un jour la marraine de mes enfants.

Anne M.


Seit einer Woche, nach der Nachricht über das Geschehene, krame ich in meinen Sachen und suche unsere Andenken ... Ich fand dort das „Goldene Buch“ von meinem 18. Geburtstag, in das wir alle ein paar Zeilen geschrieben hatten.

Ich möchte nun einen Auszug von einem Eintrag zitieren, der um 6.00 Uhr morgens geschrieben wurde, als alle noch fest schliefen. 

„Der Abend ist vorbei, aber in Wirklichkeit wird er niemals enden. Nun, wo jeder zu Bett liegt, kann ich diesen Moment genießen, den Moment mit geliebten Menschen einen unvergesslichen Geburtstag gefeiert zu haben; ein schöner Abend voller Freundschaft. […]. Wie soll man sich vorstellen, dass dieser Moment der letzte war? Er wird es nicht gewesen sein, weil wir uns wiedersehen werden und selbst wenn unsere Wege auseinandergehen, werden sie sich wieder kreuzen. Das kann in 2 Tagen, einer Woche, einem Monat, einem Jahr oder in zehn Jahren sein, aber es wird geschehen“.

Bei Noémi haben sich seit ein paar Monaten oder besser Jahren unsere Wege tatsächlich voneinander entfernt, aber für mich stand immer fest, dass sie sich eines Tages wieder kreuzen würden und dass wir, nachdem wir unsere Jugendträume geteilt hatten, auch unsere Träume als Erwachsene miteinander teilen würden.

Welche Erinnerungen ?

Als Erstes sind es diese laaangen, endlosen Gespräche: auf dem Weg zwischen Gymnasium und Musikschule, im Bus, mit dem Telefon ... Wir durften die Revolution der Gespräche ohne Zeitbegrenzung miterleben, diese wurden nach 2:50 Stunden unterbrochen und wir erlebten manchmal 3 Unterbrechungen bei einem Telefonat.

Die Mittwochnachmittage mit handwerkeln im Appartement in Millau, bevor es an die Musiktheorie ging; kleine Geschenke für den Einen oder Anderen basteln.

Die Leidenschaft zur Musik, das Singen mit unserer Musiklehrerin Florence. Unser Klavier- und Geigenspiel zu der Musik von Schubert.

Die „Gymnasium-Abende“, die Geburtstage, der Karneval in Millau, wo alle als Schlumpf verkleidet waren. Ihr ahnt schon, von wem die Kostüme stammten. Und dann, die Reisen …

Was ist in Erinnerung geblieben ?

Alles! Ich habe nicht einen einzigen Krümel von all diesen Momenten verloren. Ich behalte in mir ihr Schmunzeln, ihr Lachen, ihre dicke blonde Mähne, ihre funkelnden blauen Augen mit dem spitzbübischen Blick.

Ihre Persönlichkeit, sie erstrahlte.

Was beim Anschauen unserer Fotos sofort ins Auge sticht, ihr Blick und ihre Ausstrahlung.

Ihr Perfektionismus, sei es das Spiel auf der Geige oder beim Basteln, jeden Tag das eigene Können mit neuen Fertigkeiten bereichern (die Geigen, die Bücher, Näharbeiten, Stricken, Backen, Schokolade ...). Sie konnte mit ihren Händen alles machen und lernte unermüdlich dazu.

Die gemeinsamen Verrücktheiten, was haben wir gelacht und ich kann mit meinem Wollstring prahlen, den sie für mich gestrickt hat und den ich auch heute noch habe ...

Unser Briefwechsel; große Briefe, Eigenanfertigungen, die man sich zusandte, die Überraschungen, gewürzte Schokolade.

Die Notizen ... Ich erinnere mich an Noémi, die in ihre Notizbücher schreibt ... sie schrieb, schrieb und schrieb ... Sie notierte wahrscheinlich dass, was sie in all seiner Komplexität tief in ihrem Innersten fühlte. Ich sehe sie ratlos vor mir, in ihren Gedanken, in ihren Notizbüchern ...

Noémi, das steht für eine Freundschaft unserer Jugendjahre auf dem Gymnasium. Ein unbeschreibliches Band, Seelen, die sich miteinander austauschen, sich ähnlich sind, sich verstehen. Seelen von zwei idealistischen und sensiblen Teenagern, die der Welt die Stirn bieten und träumen.

Dieses Band wird niemals sterben, so, wie die Träume und die Ideale. Und es ist das, was ich von ihr in mir behalten werde.

Man kann sein Leben träumen oder seine Träume leben ... Noémi hat ihre Träume immer leben wollen.

Dieses Band, ich wünschte es würde weitergegeben, und dass sie eines Tages Patentante meiner Kinder wäre.

Anne M