Noémi-Rouhama *

Témoignage de Zélie


Chère Noémi,

Nous étions amies à l'école du Larzac, toujours fourrées dans les mêmes aventures, à fêter les anniversaires chez Fanette ou Valérie... On jouait et on créait ensemble. A la période de Noël, on mettait en scène des spectacles de théâtre ou de danse, des adaptations de Tom-Tom et Nana. Nous prenions ça très à cœur et répétions des heures. Toi tu commençais alors à faire du violon et je t'admirais.

Créatives depuis petites, on passait des récréations entières à faire des collages et des chapeaux en papiers avec Céline. Et puis une année ou tu t'étais cassé le poignet droit et moi le gauche, on se lavait les mains ensemble avant d'aller à la cantine où on récupérait des restes en cachette pour nourrir un chat sauvage. Je nous trouvais géniales.

Outre le temps passé en classe ou au village de cabanes où tu avais construit de bric et de broc un « parc d'attraction » on se prêtait nos romans préférés et on s'invitait mutuellement dans nos chambres de petites filles où on se confiait des secrets. Tu me parlais de ta marraine qui était allemande et chez toi il y avait des colliers de coquillages qui venait de Tahiti. Tu m'inspirais le voyage et me faisait rêver d'ailleurs. Tu m'as beaucoup inspirée petite, et inspirer n'est ce pas vivre ?

Pour un de mes anniversaires, tu m'avais offert un cahier de recettes que tu avais collées avec application sur du beau papier recyclé. Tant de soins à ce que tu faisais ! Et prendre soin n'est ce pas aimer ?

Aujourd'hui je fais de la cuisine et des spectacles. J'ai gardé ton cahier parmi mes livres de recettes, c'est mon premier.

Je suis très émue de te faire des adieux aujourd'hui, j'aurai aimé te revoir pour qu'on se re-découvre je trouve ça incohérent, anormal ...

Noémi où que tu sois je te remercie chaleureusement pour ton amitié, une de mes plus anciennes, celle de l'enfance où tout commence.

Zélie


Liebe Noémi,

Wir waren Freundinnen in der Grundschule auf dem Larzac, ständig steckten wir zusammen in den selben Abenteuern, au Geburtstagfeiern bei Fanette oder Valérie... Wir spielten zusammen, und wir waren kreativ. Zur Weihnachtszeit inszenierten wir Theater- oder Tanzvorstellungen de théatre ou de danse, Adaptationen von Tom-Tom und Nana. Wir machten das sehr ernsthaft und konnten stundenlang proben. Du fingst damals an Geige zu spielen, und ich bewunderte dich dafür.

Schon als kleine Kinder sehr kreativ, verbrachten wir und Céline viele Pausen mit dem Anfertigen von Collagen und Papierhüten. Einmal hattest du das rechte und ich das linke Handgelenk gebrochen, also wuschen wir uns die Hände gemeinsam, bevor wir in die Kantine gingen, wo wir heimlich Reste mitnahmen, um eine wilde Katze zu füttern. Ich fand uns genial.

Außer der gemeinsam verbrachten Zeit in der Schule oder im Hüttendorf, wo du aus altem Kram einen « Freizeitpark » eingerichtet hattest liehen wir uns unsere Lieblingsromane oder luden uns gegenseitig in unsere Kleine-Mädchen-Zimmer ein, wo wir uns Geheimnisse anvertrauten. Du erzähltest von deiner Paterntante, die Deutsche war, und bei dir zu Hause gab es eine Muschelkette aus Tahiti. Du inspiriertest mich zum Reisen und ließest mich von woanders träumen.

Als wir klein waren, hast du mich zu vielem inspiriert, und ist Inspiration nicht Leben ?

Zu einem meiner Geburtstage hattest du mir ein Heft mit Rezepten geschenkt, die du fein säuberlich auf schönes Recyclingpapier geklebt hattest. So viel Sorgfalt bei allem was du tatst ! Und sich sorgen um..., bedeutet das nicht lieben ?

Heute stehe ich in der Küche und auf der Bühne. Dein Heft habe ich behalten, es steht unter meinen Rezeptbüchern, es ist mein erstes.

Es bewegt mich sehr, dir heute Adieu zu sagen, ich hätte dich gern wieder gesehen, damit wir uns wieder-entdecken. Ich finde das nicht kohärent, nicht normal...

Noémi, wo immer du auch bist, ich danke dir ganz herzlich für deine Freundschaft, eine der längsten, die der Kindheit, in der alles anfängt

Zélie